Tuesday, May 16, 2006

 

L'autre

La société est tellement immense et diverse qu’on aura des difficultés à en faire un tour complet. Par contre, nous sommes confrontés tous les jours aux autres, même s'ils ne sont pas présents. Dans la relation mère-enfant, le premier “autre”que nous rencontrons va être le père qui va être perçu à partir de la relation maternelle. Les autres vont être par la suite ceux de notre environnement, en commençant par la crèche puis l’école.
Nous ne percevons qu’occasionnellement l’autre et nous avons rarement appris à vivre ensemble.
Il faut distinguer le fond et la forme. Nous projetons chez l’autre une image et nous inspirons un type de relation avec une certaine distance, empathie et confiance. Les informations véhiculées à travers cette relation ont une importance secondaire. Le niveau d’intimité, s’il n’est pas altéré, en principe, se conserve au cours du temps. Ainsi on peut garder une amitié pendant longtemps, même si on n’a pas l’occasion de se voir.

QUI EST L'AUTRE ?

Il peut être très proche de nous comme notre partenaire et nos enfants. Ce sont aussi ceux que nous côtoyons dans notre profession, les institutions qui nous entourent, les gens qui servent nos courses, qui partagent nos activités de loisirs, ceux que nous rencontrons lors d'une invitation, nos amis et le hasard ou la providence qui mettent des gens sur notre chemin.
Parmi les milliers de gens que nous croisons sur le chemin de notre vie, peu resteront près de nous pendant longtemps.
Les gens en renom ou les vedettes sont très entourés, d'autres demeureront isolés par goût ou par les circonstances.
La perception de l'autre est personnelle, certains n'aiment pas les gens ou s'en méfient, d'autres ne peuvent pas vivre sans eux, si bien que je ne peux parler des autres qu'à travers l'idée que je m'en fais et au regard de mes yeux.
Les gens pressés, inattentifs, peu fiables, impulsifs, sensibles à la mode conviennent très bien au supermarché, à la restauration rapide, au prêt à porter et à la chirurgie esthétique qui flattent les apparences… Ces gens-là ne sont pas à mon image, je ne les juge pas, ni ne les rejette, mais ils ne font pas partie de mon chemin, sans pour autant me donner raison, car peut-être, je suis dans l'erreur. On est obligé de trier les autres alors que j'aurais souhaité aimer tout le monde. Je voudrais aussi lire tous les livres ou toutes les revues, là aussi se fait un choix spontané et même si je fais l'effort d'être attentif, je n'arrive pas de m'imprégner de certains documents. Par contre, je dévore certaines lectures qui ont même modifié ma façon de penser.

QUELLES SONT MES REFERENCES ?

Si l'autre est correct, nous serons amis à vie. Si on partage les mêmes valeurs et si on a des raisons de se voir régulièrement, la relation sera stable, basée sur la confiance. Celle-ci est acquise au départ, mais elle ne souffre d’aucune imperfection par la suite.
Chacun de nous a un système de défense qui se déclenche comme une alarme. Ce système est hors service dans l’amour ou lorsque l’on est en confiance. Dès que nous sommes déçus, la confiance est remise en question. Comme un chewing-gum que l’on étire, la confiance supporte mal d’être rapiécée.
Elle est une réponse efficace à l’insécurité à condition de n’être jamais trahie, d’où sa fragilité. Elle ne doit jamais être aveugle, mais au contraire, elle peut être mise à l’épreuve, quand on le désire et au moindre doute.
L’autre n’est jamais soi et il ne nous appartient pas. On peut manipuler le monde objet comme on le désire et quand on le désire. L’humain participe, s’il le veut bien. Il s’agit d’une association ou d’une collaboration, mais jamais d’un acquis définitif.
On entend dire : mon mari, ma femme ou mon fils… Ces adjectifs possessifs sont un abus de langage. Je suis toujours extérieur à l’autre, je ne sais pas ce qui a été inscrit dans son cerveau depuis son enfance, ni les influences sociales, ni celles de son environnement professionnel, ni sa culture, ni ses goûts. Je n’échange qu’une partie de son temps et il ne s’agit que d’une relation à travers laquelle circule des informations.
L’alimentaire est une relation à l’objet, que l’on ingurgite ou que l’on consomme. C’est aussi une relation au temps. Le plus difficile d’un régime est de le faire durer longtemps !
Le sexuel, dans son sens élargi, est une relation à l’autre client ou partenaire sexuel. Cette relation est statistique parce que l’on ne peut pas plaire à tout le monde. Cette dernière se situe par rapport à la distance qui va de la haine qui éloigne très loin deux personnes, à l’indifférence, la sympathie, l’amitié et l’amour qui est un rapprochement intime.
Si l’autre est près de moi, j’ai beaucoup de choses à échanger, s’il est loin, je n’ai rien à dire. Le monde moderne tend à remplacer l’autre par des machines ou des papiers. La télévision, la radio et divers enregistrements sont en fait des leurres. Même le téléphone et la communication par internet ne remplacent jamais la présence de l’autre.

L’AUTRE, CET INCONNU

On juge l’autre d’après ses idées préconçues, elles ont été formées dans leur origine d’après les modèles familiaux et remodelées, par la suite, selon nos expériences sociales.
Les apparences, le comportement, ses dires, son métier, sa culture… sont autant d’indices qui dessinent l’image de l’autre.


“C’est au pied du mur que se voit le maçon”, l’épreuve et le langage des faits reflètent de manière plus précise l’autre, encore faut-il comme tout test, que ces éléments soient suffisamment discriminants.

Il faut une énergie pour rencontrer l’autre, car il est difficile de rencontrer l’autre dans la rue, tout simplement. Dans certains pays, la chose est plus facile, par ce que l’autre est un client potentiel précieux. Dans les pays industrialisés, les gens sont pratiquement salariés ou tributaires de réseaux, l’autre perd alors de son intérêt, d’autant plus que les médias relatent surtout les méfaits de l’autre, agresseur, violeur ou escroc. Même le voisin devient inconvenant, car il fait du bruit avec ses enfants, sa radio, sa musique, sa télévision ou lorsqu’il construit des œuvres gênantes et envahissantes, voire illégales.
L’énergie de rencontre est fournie par l’un ou par l’autre des partenaires ou par les circonstances. Nous sommes tous nés d’une rencontre et toutes les rencontres ne donnent pas un fruit, c’est-à-dire n’aboutissent pas à une relation durable. Nous pouvons rencontrer par continuité, une personne qui nous présente d’autres personnes, mais souvent, la plupart des gens étant isolés, cette méthode est insuffisante. Il faudra alors rencontrer par discontinuité, connaître d’autres milieux ou se trouver une raison de s’adresser à l’autre comme des colporteurs.
On ne sait jamais à l’avance si une rencontre donnera une relation à court terme ou à long terme. L’avenir nous le dira. Quelquefois, nous avons mal rencontré l’autre, dans des circonstances qui ont projeté une mauvaise image de soi.
Les rencontres sont régies par des lois du hasard ou statistiques qui s’appliquent aussi bien à l’autre client, partenaire sexuel ou ami. Elles sont parfois provoquées, souhaitées, voire providentielles, mais il faut être prêt à les recevoir.

L’ENJEU D’UNE RENCONTRE

Quel est l’intérêt que nous portons à notre prochain ? Avons-nous dans la gestion de notre vie une place que nous réservons à l’autre ? Il faut bien recevoir l’étranger parce que nous-même avons été étrangers quelque part. L’enfant n’est-il pas l’étranger qui pénètre une maison ?
Nous avons trois types de relation :
• La relation d’argent

La relation d’argent équilibre l’achat d’un objet, un service ou une appartenance à un groupe ou une association.

L’argent dépend des lois du marché. A nous de trouver le meilleur rapport qualité-prix de ce que nous recherchons. Ce n’est pas forcément nos amis qui nous feront les meilleurs tarifs, laissons parler le langage des chiffres.
• La relation sexuelle
Elle implique un investissement en temps et en affectif. Elle suppose un territoire qui, en général, accepte mal la concurrence. Elle demande un entretien et elle suppose une fin, sauf dans le mariage ou son équivalent, si on ne divorce pas.
• La relation affective
Si les relations précédentes sont coûteuses, la relation affective est neutre, elle comporte ni argent, ni sexe, ni investissement. Peu importe de parler à un bandit ou un escroc dans la mesure où on ne s’engage pas, la chose peut même avoir son intérêt.
Il est rare que la compagnie de l’autre dure du matin jusqu’au soir. En fait, nous ne partageons avec l’autre qu’une partie de notre temps. La relation doit être satisfaisante dans les moments échangés et peu importe ce que font les gens en dehors de notre relation, bien que l’on souhaite que tout aille pour le mieux.

On peut se demander à quoi sert l’autre ?
Par sa simple présence, l’autre influence notre comportement. Là, se situe la psychologie sociale qui s’intéresse aux réactions entre individus.
L’autre est une source d’échanges :
• Bénéficier de l’expérience de l’autre.
Cette démarche n’est pas très fréquente et pourtant, elle est très précieuse. Elle permet d’éviter des erreurs et de gagner du temps. En effet, quel que soit le domaine, la technique est le chemin plus efficace, le plus rentable, le plus rapide et le plus esthétique. S’il s’agit d’un chemin, autant le demander à celui qui sait.
• Bénéficier des informations, des idées, de la perception de l’autre.
Nous sommes prisonniers de notre culture et de nos préjugés. L’autre est là pour nous présenter d’autres modèles de pensées. Libre à nous de les adopter ou non.
• L’autre, un stimulus de nos comportements.
Toute œuvre créative est destinée aux autres. Nous faisons davantage pour les autres que pour nous-mêmes. Ceci se voit souvent pour les mères, quelle que soit l’espèce, prête à se sacrifier pour leur progéniture. Ce réflexe est parfois indispensable à la survie de l’espèce.
• Bénéficier du relationnel de l’autre.
L’autre peut nous présenter d’autres personnes et surtout celles dont nous avons besoin. Quand nous sommes recommandés par quelqu’un, notre accueil sera facilité. Bien sûr, nous ne devons pas décevoir.
• Tout seul, l’information se sature, avec l’autre on peut la répéter et la travailler davantage. Ceci est précieux pour réviser ses cours ou travailler une pièce de théâtre ou un projet, par exemple.
• Libre à nous de convaincre l’autre de nos idées. Avec ses réactions et ses opinions, il nous sert de test ou de filtre pour corriger notre expression.

Nous avons tous un capital partagé qu’on pourrait échanger sans se dépouiller.

Un capital n’a de valeur que s’il est utilisable. On pourrait sans se démunir faire bénéficier l’autre de notre écoute, de nos connaissances, de notre expérience, de nos idées, de nos relations et même prêter nos moyens.


Si donner à celui qui reçoit et se rendre utile est un plaisir, donner à celui qui ne nous respecte pas, c’est s’humilier.

La charité a été prônée par de nombreuses religions et des courants sociaux. Lorsqu’il s’agit de bien matériels, nous serons limités par nos moyens. Assurer le minimum vital ou ouvrir des restaurants du cœur sont des démarches louables, mais si on n’instruit pas les gens à se débrouiller dans la vie, on risque de les maintenir dans un état de dépendance ou de médiocrité.



La prise en charge totale est normale et obligatoire pour nourrisson, mais elle est évolutive.

Elle est un devoir pour un blessé, un handicapé, une personne âgée et nous ne sommes pas à l’abri de cette situation pour nous-même. Elle est très lourde, lorsqu’elle est totale. Lorsque quelqu’un se met délibérément en position d’inertie, son poids retentit sur la famille et la société. Il est difficile de prospérer, s’il ne met pas de la bonne volonté pour alléger ce qui coûte aux autres.

A ce savoir transmissible, encore faut-il que l’autre soit réceptif, qu’il soit motivé et travaille pour l’acquérir. Changer sa perception de la vie pour l’ouvrir à d’autres horizons est le plus dur à réaliser.

L’AUTRE, SOURCE DE PREJUDICES

“Aimer-vous les uns les autres”, “Tu aimeras ton prochain comme toi-même”, “Tendre la joue, lorsqu’on reçoit une gifle”. Ces bonnes intentions de compassion avec notre prochain comportent tout de même des limites. Accepter l’intolérable nourrit des systèmes pervers. La justice doit tempérer la charité.
Tout échange doit être équilibré et quel mal y a-t-il à ce qu’il le soit ? Il faut être généreux pour démarrer une relation, on ne peut pas toujours mathématiquement donner l’équivalent de ce que l’on reçoit, mais il est important que dans toute relation que les deux parties partent satisfaites. Le respect de chacun aura le souci d’éviter les préjudices.
A l’amiable, on pourra toujours résoudre les litiges. La mauvaise foi sera plus difficile à satisfaire, soit que l’on se sent lésé alors que le préjudice est discutable, soit ce que l’on réclame est disproportionné à ce qui est.
La justice tente de résoudre les litiges de la mésentente. Cependant elle est lente, coûteuse, elle se fait souvent sur des papiers, à vous de monter un bon dossier. Elle n’est pas toujours juste. Certains grands groupes ont des avocats à l’année, s’ils enfreignent la loi, à vous de prouver leurs fautes.
Il est important de mettre des limites dans la réparation d’un préjudice soit parce que l’on n’a pas assez d’éléments, soit pour se libérer de ce souci. Il faut savoir perdre ou pardonner.
Lorsque l’autre n’est pas respectueux et nous insulte, par exemple, nous avons deux possibilités : celle de réagir et celle d’être spectateur.
• Réagir relève de l’intuition. Si vous avez à dessiner une rose, si vous êtes motivé et que vous en ressentiez tous les détails, la chose sera facilitée, par contre, si elle ne vous intéresse pas, le dessin sera bâclé.
• Etre observateur permet de prendre une empreinte exacte de ce qui a été dit et des circonstances. Ces informations permettront d’identifier l’autre pour choisir la meilleure stratégie de réponse.
Le fait de réagir à un préjudice, servira aussi peut-être aux autres. Lorsqu’il s’agit de nos propres enfants, nous ne pourrons pas les suivre dans tous leurs travers. Des parents normaux se doivent de protéger leurs enfants, mais cela a des limites. On ne pourra pas toujours nourrir les comportements inacceptables de notre enfant, sous peine de sombrer soi-même. Un des souci de l’éducation sera d’enseigner “le droit chemin” pour ne pas être confronté à ces désordres.

ETRE CREDIBLE

Un échange peut se résumer à une simple salutation, à des conversations superficielles comme des plaisanteries, parler de la pluie et du beau temps ou à des choses plus intimes ou plus sérieuses. Selon ses goûts, ses besoins, ses désirs, ses intérêts, les circonstances, la relation évoluera dans le sens de pénétrer l’univers de l’autre ou de s’en éloigner, si ce n’est pas ce que l’on recherche ou si l’autre ne nous convient pas..
Représentons-nous un intérêt pour l’autre ?


On a l’impression que notre société est structurée en grappe de raisin où chacun est dans sa bulle et échange ses activités avec la tige (travail, consommation, cercle de fréquentations), mais d’un grain à l’autre, les échanges sont rares.

Le téléphone portable nous destine davantage à nous enfermer dans le cercle de relations habituelles qu’à communiquer avec les autres
Pourrai-je être utile à l’autre ? Quel rôle, quelle place me laissera-t-il ?
J’ai l’impression qu’on a besoin de personne et que les gens s’en remettent aux grandes structures qui nous environnent. Il est très difficile de dévier le chemin de quelqu’un, même momentanément pour l’inviter sans mauvaise intention.
Voici quelques exemples qui ont été expérimentés. Il n’y a pas eu d’échecs, mais pas suffisamment d’encouragements pour renouveler l’expérience.
• En sport, on pourrait organiser des manifestations où le plaisir de la rencontre serait plus important que celui des résultats. Le seul souci est de réduire les coûts de transport et d’hébergements. La chose est parfaitement réalisable, mis à part que l’on est seul à s’investir et malgré une réussite, les adeptes de cette formule sont rares pour une prochaine fois. Bien sûr, si nous ne sommes pas subventionnés, ni sponsorisés, nous ne sommes pas crédibles !
• En théâtre, sans rien enlever au spectacle, on pourrait parler à son voisin et favoriser la rencontre, on peut même offrir une collation après la représentation. Cependant il faut, à chaque fois expliquer, solliciter le public pour des résultats médiocres.
• Vous avez des artistes de talent qui n’ont pas accès à une distribution, des locaux qui prennent la poussière, des gens qui s’ennuient. Si on associe ces trois éléments dans les meilleures conditions, on peut créer une animation. Là aussi, on est seul à prendre en charge cette organisation.
• Chacun de nous a un capital de compétences, de relations, d’expériences, de moyens… qu’il peut partager sans se dépouiller. Dans le cas de difficultés, de chômage, d’exclusion, c’est le moment de s’entraider. Capital Partagé fut une association pour favoriser la recherche d’emploi, une sorte d’agence matrimoniale, non à visée sexuelle, mais pour exister à travers un débouché social. Ce fut un lieu pour exprimer ses compétences et rencontrer des partenaires du monde économique ou démarrer un projet. L’association a fonctionné pendant quatre ans, mais il est difficile de mettre en commun ses énergies quand le résultat n’est pas immédiat et ceux qui ont trouvé un emploi, grâce à l’association, ont disparu.
On souhaite l’emploi que l’on propose immédiatement, mais on ne croit pas à une mise en commun des efforts ou des compétences pour aboutir à une solution.
Au total, la société, dont chacun est un représentant, nous éduque et nous programme dans un type de comportement conscient et inconscient. Elle ne tient pas compte des résultats même probants, s’ils ne sont pas à la mode. Finalement, ne peut exister que le système existant, la création étant très difficile.
On apprend des licenciements massifs qui jettent des familles dans le désarroi. Les employés se comportent comme une abeille qui est exclue de sa ruche et qui ne peut survivre. Ils revendiquent avec l’énergie du désespoir. Pourtant si on pouvait évaluer le capital de chacun et coordonner l’énergie considérable de cette masse de gens, on trouverait bien des solutions, d’autant plus qu’ils sont eux-mêmes des consommateurs et des clients potentiels.
• La télévision, les médias, les vedettes sont crédibles. Les modèles sociaux savent vivre et nous donnent des leçons. Pourtant tous les moyens d’expression sont aujourd’hui à notre portée pour des prix raisonnables. Nous pouvons avec un caméscope et un ordinateur réaliser un film en DVD d’une qualité acceptable. Qui autour de vous croirez suffisamment à cette aventure pour s’y investir ?
• Notre économie n’est-elle pas basée sur le divorce, la dispersion et l’isolement. Prenons l’exemple du Kibboutz en Israël. Sans qu’il soit un modèle parfait, il nous donne l’occasion d’une vie où tous les besoins sont réalisés sur place. Plus besoin de voiture, l’école, la bibliothèque, la crèche, le travail, le musée et bien d’autres structures sont au même endroit. Si on s’entendait et on s’entraidait, on augmenterait notre surface d’échanges et on consommerait moins avec de meilleurs services.
Rêvons à des temps meilleurs : “Kibboutz Gallouioth” Que le monde entier soit un grand Kibboutz ! Si on pouvait croire en son prochain et lui donner une confiance méritée, on n’aurait plus besoin de se sentir en insécurité !

CHARME, PRESSION, MERITE

Certains veulent s’isoler des autres, trouver un coin tranquille où on ne les dérangera pas. Si nous vivons de nos cultures et d’élevage, notre temps sera pris par des tâches d’existence et ceci a été fait, ce n’est pas une trouvaille. Il est très difficile de vivre en autarcie complète. Un abricotier donne sa récolte pendant un temps relativement court. Nous sommes obligés de donner pour ne pas voir les fruits se pourrir. Dans notre jardin, tout ne pousse pas, nous sommes contraints à demander. La vie nous oblige à l’échange. On pourra, certes, faire des confitures, mais il nous faudra acheter le sucre et les bocaux. Aujourd’hui, on peut même exister sans sortir de chez soi avec internet et le travail à domicile, mais est-ce là votre idéal de vie ?
Le charme permet d’apprivoiser l’autre. Il s’apparente à l’amour qui apaise notre système de défense. Eros est ni homme, ni femme. Il est avant l’engagement d’une relation sexuelle. Son but est le plaisir des sens qui donne du goût à tout. Plaisanter, faire rire, amuser détend une relation. Mais que cache cette approche ? Elle peut être sincère, mais attention aux pièges ! La publicité, les promesses du marketing nous invitent à consommer, mais pas toujours dans le sens de nos intérêts..
Si vous n’avez pas besoin de votre prochain, d’autres l’utilisent. Il est une source de production et de consommation.
Certains usent de contraintes pour diriger le comportement des autres. L’argent et la peur en sont les moteurs principaux. Dans une démocratie, en théorie, l’autre est libre de son choix. Chaque famille, chaque emploi et profession sont des petits univers avec des règles plus ou moins justes.
Pour être connu, il suffit de se présenter plusieurs fois sur le trajet de l’autre. Pour être reconnu, il faut gagner la place dans l’estime de l’autre et les moyens ne sont pas toujours honnêtes. Les dictateurs bénéficient de complicité et utilisent des mises en scène grandioses avec un encadrement militaire pour susciter l’admiration de la foule, tandis que leurs méfaits sont passés sous silence.
Mériter l’estime de l’autre par son libre choix est le plus difficile, mais le plus honnête. Ce n’est pas parce qu’on aime l’autre qu’on a des droits sur lui. Qu’est-ce que nous apportons à l’autre ?
Le respect a le souci d’éviter les préjudices, mais notre savoir, notre compétence, notre expérience, notre contribution peuvent être utiles, notre écoute et notre compassion soulagent, notre tolérance met à l’aise. Accepter l’autre tel qu’il est, ne demander pas plus qu’il peut donner, éviter les affrontements sont autant de délicatesses pour ne pas être indifférent. Cependant il n’y a pas de recettes et la provocation, le heurt, l’autorité donnent parfois de meilleurs résultats. Chacun agira en fonction de ce qu’il croit être bien.

LA SOLITUDE

Chacun sait qu’il vaut mieux être seul que mal accompagné. Pour respecter aussi la liberté de l’autre, il faut apprendre à être seul. La solitude n’est pas forcément un drame lorsque l’on sait la meubler. Nous avons des relations humaines, mais aussi avec les animaux et les objets.
Les objets peuvent être l’instrument de musique, le sport, les activités artistiques, le bricolage, l’informatique, des passions… Ces relations ne nous trahiront jamais, nous récolterons le fruit de notre investissement. Plus nous sommes motivés, nous respectons la technique, plus nous nous entraînons, meilleurs seront les résultats.
Ce type de relation permet une indépendance par rapport aux autres et même nous préférons être seul pour des opérations délicates.
Attendre l’autre qui ne vient pas, aimer le partenaire qui ne nous aime pas, souhaiter le comportement d’autrui conforme à nos valeurs, sont en fait des attitudes de dépendance, de misère ou de mendiant qui nous font souffrir.
L’autre ne nous appartient pas, il est très difficile à corriger et il ne nous reste qu’à remplacer l’autre par quelqu’un d’autre, encore faut-il avoir un univers étendu de relations pour pouvoir le faire !

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